Dimanche 13 décembre 2009
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Bonsoir Awen, mon ami,
Je sais qu'il s'est passé quelque chose d'anormal à l'ambassade. Dans le hall de l'hôtel, j'ai croisé le premier conseiller, hilare. Il discutait avec son
homologue américain et ils avaient l'air de se tordre de rire. Ils ne m'ont pas vu et je me suis bien gardé de m'approcher.
Mais qu'as-tu donc manigancé Awen ? Ton côté gamin m'inquiète toujours un peu. Tu es à la fois si prévisible et imprévisible. Mograis est un rude couillon mais
est-ce une raison pour lui jouer un tour à ta façon, un tour dans lequel, sans rien me demander, tu m'impliques ?
J'avais aussi appris par Pierre qu'il avait tenté de me nuire et que tu en avais été averti. Je ne connaissais pas le détail de ses manigances avant d'avoir lu
ta lettre et la note jointe.
J'ai été bien sûr choqué mais dans un premier temps j'avais tout de même décidé d'avoir une discussion avec lui à l'ambassade, dans son immense bureau aux tapis blancs, comme il
dit et de lui faire comprendre que ses sottises ne pourraient nuire qu'à lui-même. Puis j'ai réfléchi et préféré en savoir plus sur ce que tu avais mis en oeuvre avant de le
rencontrer.
Mais je suis désemparé. Contrairement à mes habitudes, je n'ai pas téléphoné à l'ambassade pour présenter mes respects à l'ambassadeur. Il sait que
je suis ici puisqu'il a décidé d'être présent avec son collègue canadien à l'ouverture du colloque et à ma première conférence à l'Alliance française et il doit sans doute se
demander les raisons de mon silence. Tel que je le connais, il aura déjà fait vérifier que j'étais bien dans le vol prévu. Mais peut-être connaît-il déjà les raisons de ma discrétion ?
Qu'as-tu donc fabriqué Awen ?
Tu me dis avoir mis Jean de Seighne dans le coup ? mais dans quel coup enfin ? Le connaissant presque aussi bien que toi, je suppose qu'il aura décidé
d'appeler son collègue au Cap. Cest tout de même insensé d'être à la merci de tes impulsions, mon ami.
Pourtant, je ne sais pourquoi, je crois que je vais passer malgré tout une excellente soirée.
Le gratin francophone local sera bien sûr présent, et le conseiller culturel de France fera-t-il un discours pour me présenter comme il est d'usage ? ou bien ? ou bien quoi donc Awen ?
J'ai décidé de te répondre tout de suite par voie postale régulière. Ma réaction lorsque je saurai de quoi il retourne sera sans doute plus vive et plus
directe...
Ma lettre, Awen, vient d'être interrompue par un appel de la secrétaire de Mograis qui m'a fait savoir que le conseiller culturel ne serait pas
présent, à son grand regret, ce soir à l'ouverture du colloque pour me présenter. Une indisposition sérieuse l'a, m'a-t-elle dit, obligé à s'aliter. J'ai eu l'impression qu'elle avait du mal à
se retenir de rire mais elle me paraissait aussi excédée, ou fâchée. Lorsque je l'ai prié de transmettre mes souhaits de prompt rétablissement à son patron, elle n'a pas pu s'empêcher
de glousser. Mais qu'as-tu fait enfin ?
Contrairement à mon habitude, je t'ai appelé, comme tu le sais sûrement, mais Mei-Feng m'a répondu que tu n'étais pas là. Elle aussi avait l'air d'être de trop
excellente humeur...
Dès que je saurai le fin mot de cette histoire, tu auras très rapidement de mes nouvelles, mon ami ; tu le sais, n'est ce pas... Mais tu sais aussi que mon
amitié te reste acquise.
Dans trois jours, je remonte vers la "tête de l'herbe". Nous nous serons sûrement déjà parlé au téléphone, contrairement à nos habitudes. Nous
aurons aussi des échanges, comme toujours, plus forts et passionnés. Comme Iliannah me manque, Awen, comme elle me manque.
Je ne peux toutefois pas m'empêcher de me demander avec inquiétude ce que tu as bien pu manigancer. Enfin allons,
Affectueusement, je t'embrasse,
Jaden
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