Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 13:14

 


 Portrait, pastel sur toile et reflets

Awen à Iliannah

 

            Carnet de moleskine, rouge de ton sang qui brûle. Me voici emporté, Iliannah, bouleversé par cette page trouvée, depuis combien de temps apparue, glissée entre deux feuillets de ce carnet où ton rire éclatait ? Est-ce le hasard qui ce matin me le fait ouvrir, posé, rouge comme toujours tout auprès du mien où tant d’ombres se portent ?

            J’ai décidé de te répondre. Ma lettre finie, la glisserai-je contre la tienne ou l’enverrai-je vers la demeure du Rhoued ? Je le ne sais pas encore.

            J’observe cette page, cette feuille où tes doigts se sont posés, je la hume, je relis tes Rumeurs. Le chiffre 1 m’impressionne. L’encre ne me paraît pas si vieille... Mais d’où me parles-tu ? D’où m’écris-tu enfin ? Je tente ce mode verbal, ce présent d’espoir, que ton passé irréfragable pourtant cherche à nier. En vain, Iliannah, en vain, je te l’assure.

            J’aime ton carnet où tu ris, où tu te moques puis doucement m’absous. Tu écris :

             Non ! Je ne m’y ferai jamais ! Awen, l’insupportable fait homme, qui se joue de ses mots dont toujours il me vêt.

Ce carnet tente une distance, neuf points de suspension, un trait d’union..., deux peut-être.

Au plus tendre de la nuit, déjà vers le matin, tu me dis : Rien jamais ne se perdra de ta silhouette d’aube claire.

 D’un trait le soleil alors répond à tes mots,  sur la mer il relève ses traces, il dessine ce jour. Étonnée, contre toi je me serre, griffe d’un doigt une question sur ta poitrine. Tu sursautes, tendrement, je me moque. Puis, j’éclate de rire, et jouant à la petite vieille je  murmure à ton oreille d’une voix tremblotante :

 - « Aube claire, je vais y cracher toutes mes glaires ».

Tu glisses ton visage contre mon ventre, me caresses de tes lèvres mais moi je hoquète de rire, te tire par les cheveux, te remonte tout contre mon cœur. Tu te fais amoureux, tu caresses mon sein mais je pouffe de rire. Dépité, tu hausses les épaules, glisses ton regard vers moi, yeux grand écarquillés, tu blottis ton visage contre mon aisselle. Tu t’endors à demi.

Awen, ce matin tu t’es heurté à mon rire. Plus tard, dans cette aube si claire, j’ai voulu que tu m’aimes.

            Je lis tes mots Iliannah. Cette première page, je la connais presque par cœur. Quand je me la récite, un adjectif parfois me manque. Mais ton style dans ton carnet est si sobre, si limpide. Souvent tu me disais :

- Moi, je n’épithète pas, Awen ! Je n’attribue pas. Ton nuancier se pare de couleurs, le mien fonctionne au gré de mes mouvements.  Mes mots sont de toute prudence. De verbe en verbe, ils s’avancent.

            Aujourd’hui, en toute imprudence, Iliannah, ce sont de toi que mes souvenirs reviennent. Ils se tissent, se nourrissent de tous nos mots. Tu m’es en cet instant devenue si présente que je ne peux plus t’écrire.

            Cette feuille restera inachevée ; je la veux lourde de nos devenirs. Elle attendra sur notre table de verre que tes mains un jour puisse enfin la prendre.

 

            Saranghee ! Iliannah, Saranghee, mon amour !

               

                                        Awen

 

Communauté : mémoire et écritures
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Profil

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Recommander

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés